Journée internationale des femmes : 7 femmes singulières et inspirantes

Journée internationale des femmes : 7 femmes singulières et inspirantes

En cette journée internationale des femmes, nous avons eu envie de mettre en lumière 10  femmes inspirantes et singulières. Toutes différentes. Et pourtant, elles ont chacune à leur façon changé notre manière de regarder le monde et fait avancer la position des femmes. Leur point commun : une manière singulière d'observer, de créer avec une profonde liberté, détermination et audace.

JEANNE BARRET (1740-1807)

Jeanne Barret est la première femme connue à avoir accompli un tour du monde. Botaniste de l’ombre, elle a participé à l’une des grandes aventures scientifiques du XVIIIe siècle, à une époque où les femmes étaient exclues de ce type d’expédition.

Elle naît en 1740 en Bourgogne, dans une famille modeste. Très tôt, elle connaît les plantes, leurs usages et leurs propriétés. Son savoir botanique la conduit à travailler aux côtés du naturaliste Philibert Commerson, dont elle devient l’assistante, la collaboratrice et la compagne.

En 1766, lorsque Commerson embarque pour l’expédition de Bougainville autour du monde, les femmes sont interdites à bord des navires de la marine royale. Jeanne Barret décide alors de se déguiser en homme sous le nom de Jean Baré afin de pouvoir participer au voyage. Pendant l’expédition, elle collecte, classe et transporte des centaines d’espèces végétales dans des conditions souvent extrêmes.

Son identité finit par être découverte au cours du voyage. Malgré cela, elle poursuit l’expédition et entre ainsi dans l’histoire comme la première femme à avoir fait le tour du monde. Restée longtemps invisible dans les récits officiels, elle incarne aujourd’hui toutes celles qui ont dû contourner les interdits pour prendre part à l’histoire des sciences.

Courageuse, brillante et déterminée, Jeanne Barret nous rappelle que de nombreuses femmes ont contribué à la connaissance du vivant sans toujours être reconnues à leur juste place.

Pour en savoir plus : Jeanne Barret, l’aventurière des mers ; The Discovery of Jeanne Baret de Glynis Ridley.

EMILY DICKINSON (1830-1886)

Emily Dickinson est l’une des plus grandes poétesses américaines. Elle a écrit une œuvre immense, libre et profondément moderne, longtemps restée secrète.

Elle naît en 1830 à Amherst, dans le Massachusetts, au sein d’une famille cultivée et influente de la Nouvelle-Angleterre. Très tôt, elle se passionne pour l’écriture, la lecture, la nature et les grandes questions métaphysiques. Elle compose des poèmes d’une forme radicalement singulière, loin des conventions littéraires de son époque.

Au fil des années, Emily Dickinson mène une vie de plus en plus retirée dans la maison familiale. Elle écrit dans une relative solitude sur la mort, l’absence, le désir, le temps, l’invisible, mais aussi sur les fleurs, les oiseaux, les jardins, les saisons. De son vivant, elle publie très peu.

Après sa mort en 1886, sa sœur Lavinia découvre près de 1800 poèmes soigneusement conservés dans des carnets. Le monde littéraire découvre alors une voix d’une modernité saisissante, faite de vers brefs, de silences, de tirets et d’images fulgurantes.

Dans sa vie privée, Emily Dickinson reste entourée de mystère. Sa vie sentimentale est restée très secrète. Son retrait du monde n’est pas un effacement, mais une autre façon d’habiter la vie, avec une intensité rare. Discrète, radicale et visionnaire, Emily Dickinson a transformé la poésie en un espace de liberté absolue.

« Pour faire une prairie, il faut un trèfle et une abeille. Un trèfle, une abeille, et la rêverie. »

Pour en savoir plus : Emily Dickinson, poèmes complets ; le film A Quiet Passion de Terence Davies ; Ma vie avait tenu tout entière dans un coquillage si vous voulez une approche plus sensible.

Emily Dickinson, daguerréotype vers 1847 

GEORGE SAND (1804-1876)

George Sand, de son vrai nom Amantine Aurore Dupin, est une écrivaine française majeure du XIXe siècle. Romancière, essayiste, journaliste et intellectuelle, elle a imposé sa voix dans un monde littéraire et politique largement dominé par les hommes.

Elle naît à Paris en 1804. Très tôt, elle refuse les contraintes imposées aux femmes de son temps. Pour publier et être prise au sérieux, elle choisit un pseudonyme masculin : George Sand.

Indépendante, cultivée et engagée, elle mène une vie libre, intellectuellement intense. Elle porte parfois des vêtements masculins pour circuler plus aisément dans Paris, fréquente les milieux artistiques et politiques, prend position sur les questions sociales et défend la liberté de penser, d’écrire et d’aimer.

Son œuvre est immense : plus de soixante romans, des pièces de théâtre, des textes politiques, des essais et une abondante correspondance. Dans La Mare au Diable, La Petite Fadette ou François le Champi, elle célèbre la nature, la campagne berrichonne, le monde paysan et une forme de sagesse populaire.

Installée à Nohant, sa maison devient un lieu de création et de rencontres où elle reçoit de nombreux artistes, parmi lesquels Frédéric Chopin, avec qui elle vit une grande histoire.

George Sand a ouvert un chemin rare : celui d’une femme qui a choisi de vivre selon ses propres règles, sans renoncer ni à sa pensée, ni à son œuvre, ni à sa liberté.

« L’esprit cherche et c’est le cœur qui trouve. »

Pour en savoir plus : Histoire de ma vie de George Sand ; le hors-série Le Monde consacré à George Sand ; sa correspondance avec Alfred de Musset ou Flaubert.

Portrait de George Sand par Nadar, vers 1864

JANE GOODALL (1934-2025)

Jane Goodall est l’une des scientifiques et militantes les plus influentes du XXe siècle dans la compréhension du monde animal et dans la défense du vivant.

Née à Londres en 1934, elle est fascinée dès le plus jeune âge par les animaux et par Tarzan. Enfant, elle passe des heures dans un poulailler afin de comprendre comment une poule pond un œuf. Son rêve : partir en Afrique pour étudier les animaux.

Avec un diplôme de secrétaire en poche, elle part au Kenya à 23 ans et rencontre le célèbre paléoanthropologue Louis Leakey qui l’envoie en Tanzanie observer les chimpanzés. Elle fait alors cette découverte qui marque à jamais le monde scientifique : les chimpanzés fabriquent et utilisent des outils. Elle met également en évidence que les chimpanzés développent des relations sociales complexes, des liens très forts entre mères et petits, et qu’ils peuvent faire preuve de compassion, se réconforter dans le deuil ou adopter un jeune abandonné.

Son travail révèle ainsi que les chimpanzés possèdent une intelligence développée et des structures sociales élaborées. En 1977, elle fonde le Jane Goodall Institute pour la protection des chimpanzés, des forêts et de la biodiversité.

Elle nous invite à observer avant de juger, à prendre le temps de comprendre le vivant, et à reconnaître que les humains font partie d’un écosystème plus vaste, interdépendant, qu’ils doivent respecter et protéger.

Côté vie privée, Jane Goodall s’est mariée deux fois et a eu un fils, Hugo Eric Louis Van Lawick, né de son premier mariage avec le photographe et réalisateur Hugo Van Lawick. Son deuxième mari, Derek Bryceson, directeur des parcs nationaux de Tanzanie, est décédé en 1980.

Jane Goodall est morte le 1er octobre 2025, à 91 ans.

« Ce que vous faites fait une différence, et c’est à vous de décider quelle différence vous voulez apporter. »

Pour en savoir plus : Jane de Brett Morgen ; le documentaire INA « Celle qui dédia sa vie aux chimpanzés » ; son livre Raison d’espérer

RACHEL CARSON (1907 - 1964)

Rachel Carson est une biologiste marine, écrivaine et pionnière de l’écologie moderne. Elle est aussi l’une des premières grandes lanceuses d’alerte environnementale.

Elle naît en 1907 en Pennsylvanie, dans une ferme entourée de nature. Très jeune, elle développe une fascination pour les animaux, les plantes et les paysages sauvages. Sa mère l’encourage à observer et à écrire. À dix ans, elle publie déjà ses premiers textes dans un magazine pour enfants.

Elle étudie la biologie puis la zoologie à l’université Johns Hopkins et devient l’une des rares femmes scientifiques de son époque. Ses premiers livres — Under the Sea-Wind, The Sea Around Us et The Edge of the Sea — célèbrent la beauté et la complexité des océans. The Sea Around Us devient un immense succès mondial et est traduit dans de nombreuses langues.

C’est en 1962 qu’elle bouleverse véritablement son époque avec la publication de Silent Spring (Printemps silencieux). Dans cet ouvrage, elle révèle les dangers des pesticides chimiques, en particulier le DDT, sur les oiseaux, les sols, l’eau et la santé humaine. Elle montre comment ces substances s’accumulent dans la chaîne alimentaire et menacent l’équilibre du vivant.

Le livre provoque une onde de choc. Les industriels tentent de la discréditer. Mais ses recherches sont solides et son message trouve un écho immense dans la société. Printemps silencieux marque un tournant majeur et contribue à la prise de conscience environnementale mondiale, à l’interdiction progressive du DDT aux États-Unis et à la naissance du mouvement écologiste moderne.

Côté vie privée, Rachel Carson mène une vie très discrète. Elle vit longtemps avec sa mère dont elle s’occupe. Elle entretient une relation affective très forte avec Dorothy Freeman, à une époque où l’homosexualité ne pouvait être assumée publiquement. Elle élève également Roger Christie, le fils de sa nièce décédée, qu’elle adopte.

Rachel Carson meurt en 1964, à 56 ans. Aujourd’hui encore, elle est considérée comme l’une des grandes voix qui ont changé notre regard sur la nature.

« Dans la nature, rien n’existe seul. »

Pour en savoir plus : Rachel Carson, non à la destruction de la nature d’Isabelle Collombat (Actes Sud Jeunesse, 2021) ; Printemps silencieux de Rachel Carson.

GERMAINE CELLIER (1909-1976)

Germaine Cellier est la première grande femme nez de l’histoire du parfum.

Elle naît à Bordeaux, d’un père bohème et d’une mère qui doit compenser les dépenses immodérées de son mari en travaillant sur le tard. « Ce qui me plairait, serait de créer des parfums », dit-elle à ses parents à 15 ans. Déterminée à créer des parfums, elle entame des études de chimie à l’école Scientia à Auteuil, où elle obtient un diplôme d’aide chimiste et d’aide bactériologiste, puis travaille pour la société Roure Bertrand Dupont, devenue plus tard Givaudan, en tant que chimiste parfumeur.

Elle rencontre le couturier Robert Piguet et crée son premier parfum, Bandit, inspiré des amazones et des femmes pirates. Elle se fait alors une place dans ce petit monde éminemment masculin. En 1945, elle crée Vent Vert pour Balmain, surdosé en galbanum, une audace souvent considérée comme fondatrice du grand parfum vert. Elle lancera ensuite Fracas pour Robert Piguet, aux notes de tubéreuse, célébré comme l’un des plus grands parfums floraux. Les succès s’enchaînent. Sa signature : des parfums charpentés, expressifs, surdosés. Elle ouvre son propre laboratoire dans les années 1950 à Neuilly-sur-Seine.

Férue de mode, elle porte avec élégance des tailleurs Balmain, des fourrures, des bagues imposantes et les chapeaux de son amie Rose Valois. Elle lit Le Canard Enchaîné, écoute Europe 1, boit du whisky Johnnie Walker et fume des Gauloises. Elle a plusieurs liaisons amoureuses et restera jusqu’à sa mort avec le tennisman Christian Bossus, qu’elle refusera d’épouser.

À la fois talentueuse, mondaine, extravagante, exubérante, déterminée et indépendante, elle a marqué son époque et le monde de la parfumerie en le révolutionnant. Elle continue à inspirer nombre de grands parfumeurs actuels.

« Il faut avoir du caractère pour créer. »

Pour en savoir plus : la BD Germaine Cellier, l’audace d’une parfumeuse de Sandrine Revel ; la revue Nez ; l’article de Vanity Fair paru en août 2014.

CHARLOTTE PERRIAND (1903-1999)

Charlotte Perriand est une architecte et designer française qui a profondément transformé l’histoire du design et de l’architecture moderne. Visionnaire, elle porte un regard sensible sur la nature et sur la place de l’homme face à elle.

Elle naît à Paris en 1903 dans une famille modeste d’artisans : son père est tailleur et sa mère couturière. Très tôt attirée par la création, elle étudie à l’École de l’Union centrale des arts décoratifs.

En 1927, à seulement 24 ans, elle réalise Bar sous le toit, une installation audacieuse mêlant aluminium, verre et acier. Le Corbusier l’intègre ensuite à son atelier, après lui avoir d’abord répondu : « Ici, on ne brode pas des coussins. » Elle y travaillera près de dix ans avec lui et Pierre Jeanneret. Ensemble, ils conçoivent plusieurs pièces devenues emblématiques du design moderne.

Mais Charlotte Perriand développe très vite sa propre vision. Pour elle, l’architecture et le design doivent répondre aux besoins réels de la société et améliorer la vie quotidienne. Elle s’intéresse aux logements collectifs, aux meubles fonctionnels et aux espaces intelligemment pensés.

Dans les années 1930, elle s’engage socialement et politiquement. En 1940, elle part au Japon comme conseillère pour le ministère du Commerce et de l’Industrie. Cette expérience marque profondément son travail. Elle y découvre l’esthétique japonaise, la simplicité des matériaux naturels, la place du vide et de la lumière.

À partir des années 1960, elle participe à de nombreux projets d’architecture, notamment la station de ski des Arcs en Savoie. Elle y imagine des appartements compacts, lumineux et fonctionnels, conçus pour offrir un véritable confort de vie tout en respectant le paysage.

Dans sa vie privée, Charlotte Perriand est une femme libre et indépendante. Elle se marie une première fois jeune avec Percy Scholenfield, puis avec Jacques Martin, avec qui elle aura une fille, Pernette Perriand-Barraud. Passionnée de montagne, de ski et d’alpinisme, elle s’inspire profondément de la nature dans sa manière de concevoir les espaces.

Charlotte Perriand meurt en 1999 à l’âge de 96 ans. Visionnaire, engagée et profondément humaniste, elle a défendu toute sa vie l’idée que l’architecture et les objets doivent servir l’homme et accompagner les évolutions de la société.

« Il faut que l’architecture et le mobilier soient au service de la vie moderne et non d’un luxe inutile. »

Pour en savoir plus : Charlotte Perriand, une femme libre de Laure Adler ; le catalogue de l’exposition « Le monde nouveau de Charlotte Perriand » ; ses mémoires Une vie de création.

LEE MILLER (1907-1977)

Lee Miller est une photographe et correspondante de guerre américaine qui a marqué l’histoire du XXe siècle par son regard libre, audacieux et profondément humain.

Elle naît en 1907 à Poughkeepsie, dans l’État de New York. Très jeune, elle se fait remarquer comme mannequin et devient l’un des visages de Vogue dans les années 1920.

Curieuse et indépendante, elle refuse de rester devant l’objectif et décide de passer derrière. À Paris, elle se forme auprès de Man Ray et participe au mouvement surréaliste. Elle développe rapidement un style singulier, mêlant poésie, modernité et expérimentation.

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, Lee Miller devient correspondante de guerre pour Vogue. Elle photographie le Blitz à Londres, la libération de Paris et l’avancée des troupes alliées en Europe. En 1945, elle est l’une des premières photographes à entrer dans les camps de concentration de Buchenwald et Dachau, dont elle documente l’horreur avec une lucidité bouleversante.

La même année, elle réalise l’une des images les plus célèbres de l’histoire de la photographie : elle se fait photographier dans la baignoire de l’appartement d’Hitler à Munich, quelques heures après la chute du régime nazi.

Après la guerre, profondément marquée par ce qu’elle a vu, Lee Miller se retire peu à peu de la photographie. Elle s’installe en Angleterre avec le peintre et historien de l’art Roland Penrose, avec qui elle aura un fils, Antony Penrose.

Femme libre, aventurière et artiste, Lee Miller a traversé son siècle en refusant les rôles assignés. Son œuvre, longtemps restée dans l’ombre, est aujourd’hui reconnue comme l’un des témoignages photographiques les plus puissants du XXe siècle.

« Je préfère prendre une photo que d’en être une. »

Pour en savoir plus : Les vies de Lee Miller d’Antony Penrose ; le film Lee Miller ; les archives de Lee Miller.

WANGARI MAATHAI (1940-2011)

Wangari MAATHAI est une biologiste et militante écologiste kényane née en 1940 dans une famille rurale au pied du mont Kenya. Enfant, elle grandit au contact d’une nature encore abondante : rivières limpides, forêts denses et terres fertiles. Cette proximité avec le vivant marquera durablement son regard.

Brillante élève, elle obtient une bourse d’études et part étudier la biologie aux États-Unis dans les années 1960. Elle poursuit ensuite ses recherches à l’université de Nairobi et devient en 1971 la première femme d’Afrique de l’Est et centrale à obtenir un doctorat.

Au cours des années 1970, elle observe les effets de la déforestation : sols appauvris, raréfaction du bois de chauffage, difficultés croissantes pour les populations rurales. En 1977, elle fonde le Green Belt Movement, un mouvement qui encourage les femmes des villages à planter des arbres pour restaurer les terres et préserver les ressources naturelles.

Le projet rencontre un immense succès. Des millions d’arbres sont plantés à travers le Kenya, contribuant à protéger les sols, l’eau et la biodiversité. Mais Wangari Maathai défend également la démocratie, les droits humains et l’autonomie des femmes, s’opposant ouvertement au régime autoritaire en place.

Son engagement lui vaut plusieurs arrestations et intimidations, mais elle poursuit son combat avec détermination. En 2004, elle devient la première femme africaine à recevoir le prix Nobel de la paix, récompensant une action qui relie protection de l’environnement, justice sociale et paix.

Scientifique, militante et visionnaire, Wangari Maathai a montré que planter un arbre pouvait aussi être un acte politique et un geste d’espoir pour l’avenir.

« Ce sont les petites choses que les citoyens font qui feront la différence. Ma petite chose, c’est de planter des arbres. »

Pour en savoir plus : Wangari Maathai, celle qui plante les arbres de Franck Prévot et Aurélia Fronty ; son autobiographie Unbowed ; le site du Green Belt Movement.

GEORGIA O’KEEFFE (1887-1986)

Georgia O’Keeffe est l’une des plus grandes artistes américaines du XXe siècle. Peintre de la nature, des fleurs, des ossements et des paysages du désert, elle a imposé un regard puissant, libre et profondément personnel.

Elle naît en 1887 dans le Wisconsin, dans une famille d’agriculteurs. Très tôt, elle sait qu’elle veut devenir artiste. Elle étudie à Chicago puis à New York, mais se détourne rapidement de l’académisme pour chercher une expression plus intime et plus moderne.

Dans les années 1910 et 1920, elle développe une peinture singulière, faite de formes épurées, de gros plans de fleurs, de couleurs vibrantes et de paysages presque abstraits. Son travail attire l’attention du photographe et galeriste Alfred Stieglitz, qu’elle épouse en 1924. Leur relation est aussi féconde qu’orageuse, et Georgia O’Keeffe s’affirme progressivement comme une artiste majeure à part entière.

À partir des années 1930, elle passe de plus en plus de temps au Nouveau-Mexique. Elle y trouve un territoire à sa mesure : vaste, minéral, silencieux, habité de lumière. Elle peint les collines, les os blanchis, les fleurs, les ciels immenses. Son œuvre ne cherche pas à représenter la nature de façon décorative, mais à en exprimer la force, le mystère et la présence.

Dans sa vie privée comme dans son travail, Georgia O’Keeffe cultive une grande indépendance. Elle choisit la solitude, le désert, le dépouillement, et construit une existence à l’écart des attentes sociales.

Artiste libre, radicale et magnétique, Georgia O’Keeffe a ouvert une voie singulière dans l’histoire de l’art moderne.

« J’ai trouvé que je pouvais dire avec les couleurs et les formes des choses que je ne pouvais dire autrement. »

Pour en savoir plus : Portrait of an Artist: A Biography of Georgia O’Keeffe de Laurie Lisle ; le film Georgia O’Keeffe ; les ressources du Georgia O’Keeffe Museum.

Nous n'avons mis des portraits que lorsque nous pouvions mettre des photos libres de droit.